Temple
(le temple n'est pas particulièrement photogénique, et les photos sont interdites à l'intérieur, ce qui limite pas mal les choses pour ce qui est de l'illustration de cet article !)
En général, les temples sont plutôt petits, on entre et on sort comme on veut, mais ici, c'est très organisé. On peut entrer dans l'enceinte en vélo ou en voiture, tout est organisé comme un intermédiaire entre un circuit touristique et religieux. Dès l'entrée, l'ambiance est posée :
Police Control
Please, cooperate
Hare Krishna.
Il faut déposer sacs, chaussures et appareils photos à l'entrée. Ensuite, le circuit monte progressivement dans le temple. On passe d'idole en idoles, dans le style toujours chargé et décoré (qui a dit « kitch » ??) du pays. Une grande affiche m'informe du grand programme pour la paix dans le monde qui est lancé ici : il s'agit de réciter et faire réciter « Hare Krishna » quelque chose comme un milliard de fois (100 crore, souvenez-vous), je sais plus. Au premier passage, je rate le fameux escalier sur lequel il faut réciter ce mantra sur chaque marche. Je continue le chemin, et arrive au sommet du temple, où l'on peut admirer de jolies Krishna dorées. La redescente suit un chemin similaire, mais en remplaçant les idoles par des magasins de souvenirs. Enfin, à vrai dire, il y a bien plus de magasins que d'idoles !
Je profite de l'occasion pour m'acheter un CD de « Hare Krishna » et deux paquets d'encens. À la sortie, on me distribue un petit carton. Au recto, un dessin de dieux Hindoux, et au verso,
Hare Krishna, Hare Krishna
Krishna Krishna, Hare Hare
Hare Rama, Hare Rama
Rama Rama, Hare Hare
Minimun 108 times daily.
Décu d'avoir raté ma récitation au premier passage, je retente un tour. On me distribue un carton avec les paroles du mantra à réciter. Il y a 108 dalles de marbre, et sur chaque dalle, il faut réciter à voix haute :
Hare Krishna, Hare Krishna
Krishna Krishna, Hare Hare
Hare Rama, Hare Rama
Rama Rama, Hare Hare
Ce qui se traduit visiblement par quelque chose comme « Oh, dieu Krishna, ... Oh dieu Rama, ... ». Il y a un haut parleur pour donner le rythme, et chacun récite à voix haute. Allez, répétez après moi :
Hare Krishna, Hare Krishna
Krishna Krishna, Hare Hare
Hare Rama, Hare Rama
Rama Rama, Hare Hare
Au bout d'une dizaine de fois, avec la manie des indiens de rouler les « r » qui déteint pas mal sur mon anglais, et l'effet coupe du monde d'il y a deux mois, ça se transformerait presque en
Aller Krishna, Aller Krishna
Krishna Krishna, Aller Aller
Aller Rama, Aller Rama
Rama Rama, Aller Aller
Si le temple est fortement influencé par les touristes, ce sont principalement des touristes indiens. Je peux tout de même apercevoir quelques blancs, sans doutes 3 ou 4 américains. En fait, je n'en étais pas à mon 30ème
Hare Krishna, Hare Krishna
Krishna Krishna, Hare Hare
Hare Rama, Hare Rama
Rama Rama, Hare Hare
que je réalise que l'américain qui se trouve à une cinquantaine de
Hare Krishna, Hare Krishna
Krishna Krishna, Hare Hare
Hare Rama, Hare Rama
Rama Rama, Hare Hare
devant moi sur moi n'est autre que Stephen Edwards. C'était un de mes rapporteurs de thèse, et c'est un collègue de collègues. Visiblement, le monde est trop petit pour nous deux (enfin, dans la catégorie « rencontre par hasard », mon record est quand même un copain que j'avais pas vu depuis un baille, rencontré au pied de la statue de la liberté). Manque de bol, lui, ne me remarque pas. Damned. Il me reste donc plusieurs possibilités. Je peux tenter de l'appeler de loin :
Hare Krishna, Hare Krishna HO HE, STEPHEN, TU ME RECONNAIS ?
Krishna Krishna, Hare Hare C'EST MOI, MATTHIEU !!!
ou bien je peux tenter de le rattraper en doublant tout le monde :
Hare Rama, s'cusez moi m'sieur, Hare Rama, pardon, pardon
Rama Rama, laissez passer s'you plait, Hare Hare
Mais je décide finalement une méthode plus raisonnable, attendre, et tenter de le rattraper ensuite. Je refais donc tout le circuit en quatrième vitesse, et je finis par rattraper Stephen, juste avant la sortie. Il a un eu halluciné en me voyant ! Pas de bol, il repartait quelques heures plus tard, donc le temps de discuter un peu, et il faut déjà se dire au revoir. Raah lui, quitter l'Inde la veille de Ganesh Festival, on n'a pas idée !
Coucher de soleil
Bon, le soleil se couche, je rentre, et je profiterai de la soirée pour admirer les Ganesh sur les marchés. Temple + coucher de soleil