Ganesh Festival, comme à peu près tout festival religieux, c'est aussi des débordement, parfois des affrontements directs avec d'autres religions, des mouvements de foule qui tournent mal. C'est relativement minoritaire dans le cas de Ganesh Festival, ou en tous cas de ce que j'en ai vu, mais ça arrive.
Dans le cas particulier de Ganesh Festival, les immersions de Ganesh ont quand même un côté problématique. Un problème évident est le risque de noyade, il y a déjà eu des morts, et le résultat direct était la quantité de policiers présents cette année aux abords des lacs. Ça fait un peu drôle ce contraste entre l'ambiance du festival, où tout le monde fait la fête dans la bonne humeur, et les policiers qui sifflent dans tous les sens, l'organisation presque ridicule et pourtant visiblement justifiée.
Et puis, c'est bien gentil tout ça, mais les idoles sont en général peints avec de la bonne vieille peinture au plomb, et on immerge ça avec peu de scrupules dans les lacs de la ville. Enfin, il y a une prise de conscience à ce niveau-là, et c'est justement la raison des petits bassins construits pour l'occasion de Ganesh Festival au bord de Sankey Tank et Ulsor Lake. Bon, la peinture au plomb ne va plus aussi directement dans la bouche des poissons, mais ça n'est pas encore vraiment ça. Cette année, j'ai participé à l'événement culturel, et j'ai aussi participé à la pollution de la nappe phréatique.
Cadavre de Ganesh
En fait, tout ça n'est qu'un exemple de la difficulté de la transition vers un monde « moderne ». Immerger des statues de Ganesh, dans une civilisation où les peintures polluantes n'existent pas, ça ne posait aucun problème. Les mouvements de foule, en campagne et avec une faible densité de population, c'est tout juste si ça existait. Mais dans une société moderne, avec des produits industriels, des grandes villes et un boom démographique, ça n'est plus pareil.
Alors où est la solution ? Faut-il que l'Inde redevienne un pays « sous développé » et oublie la civilisation industrielle ? Est-ce qu'on peut parler de « décroissance durable » à un pays dont la majorité des habitants ont du mal à trouver de quoi vivre et manger à leur faim ? Faut-il interdire les festivals religieux qui ne sont plus adaptés à la société d'aujourd'hui ? Est-ce qu'on peut trouver un compromis, des peintures plus écologiques, un semblant d'organisation pour que tout ça se passe pour le mieux ?
En ce qui me concerne, je ne sais pas si je dois regretter d'avoir autorisé ce séjours de CASL Ganesh sur terre. Si c'était à refaire, j'essaierai d'acheter une statue en argile brut, mais voilà, entre CASL Ganesh et moi, ça a été le coup de foudre alors ... Et puis cette tradition d'immerger l'idole à la fin du festival, moi, je trouve ça chouette. Ça donne une belle conclusion à une ou plusieurs journées de fête, on finit en beauté, ça a quand même plus de gueule que le sapin de Noël qu'on se décide enfin à apporter à la déchetterie mi Janvier alors qu'il a perdu toutes ses épines, non ?