Le jour J, pour eux, c'était Jeudi. Mais mercredi soir, je me suis permis une petite balade au hasard des rues, grignotant un petit quelque chose en guise de dîner, et je suis retombé plus ou moins par hasard dans cette rue (vu le labyrinthe de ruelles que c'est, j'étais presque surpris de la retrouver). C'était déjà un peu la fin de la soirée pour eux, mais visiblement, il y a eu de l'animation. Ils ont carrément monté un grand chapiteau sous lequel un repas était servi, sur des feuilles de bananiers. Je retrouve les gens avec qui j'avais sympatisé l'avant veille.
Hors de question d'être simple observateur, j'ai beau dire que j'ai déjà mangé avant, je suis assis presque de force devant une feuille de bananiers qui se rempli rapidement de riz en tous genre et de sucreries. Miam. À peine fini, je me retrouve au milieu des indiens à danser sur de la musique pop locale. Là non plus, pas moyen d'y échapper. En regardant la vidéo que j'avais posté ici il y a quelque temps, un lecteur attentif m'a posé une question pertinente : « par contre...heu...elles sont où les filles dans leur petites sauteries là ??? ». Et tenez vous bien, ce soir là, il y a des filles. Bon, il n'y en a que deux qui osent faire le pas, mais, je peux vous dire que l'ambiance change radicalement quand elles se mettent à danser. D'un tas de mecs qui agitent leur corps en se tripotant un peu n'importe comment, on passe à une jolie chorégraphie, bien apprise par deux danseuses au sourire ravageur. La plupart des mecs arrêtent de danser, quelques uns continuent à danser, tournant autour avec la langue qui traîne par terre. Mais là, il n'est plus question de s'approcher trop près, on ne sais jamais, ça peut être dangereux ces bêtes là.
Le lendemain soir, je suis au rendez-vous, bien entendu. J'arrive même en fin d'après-midi, ça n'a pas encore commencé (ce qui est bien avec les indiens, c'est que quand trois personnes t'invitent au même endroit pour la même chose, y'en a un qui dit 5h, l'autre 6, et le dernier 7, alors ça laisse la surprise !).
Idole intérieur
Ce soir, c'est toujours la fête, mais c'est une fête un peu spéciale. Les Ganesh s'en vont bientôt, alors on va les prier encore plus que les autres soirs. A noter que si l'haleine de certains fêtards du lac d'Uslor et du Sankey tank laissent présager que ce n'est pas le cas partout, la fête est ici sans alcool, et végétarienne. C'est étonnant, dans nos mentalités, « prière » rime avec « temps calme » ce qui n'est pas le cas ici, mais ça n'empêche pas d'avoir du respect pour le dieu qu'on vénère. Petite pooja en intérieur pour cet idole qui va aller rejoindre les autres qui attendent dehors.
Petit chapiteau
Les musiciens sont arrivés. 4 ou 5 percussionnistes, je sais plus, ça fait un boucan du tonnerre, et tout le monde recommence à danser. De mon côté, ça fait partie des trucs qu'il va falloir que je me dépêche de désapprendre en rentrant en France, parce que j'ai bien peur d'avoir appris à remuer du derrière sur la musique indienne comme pas deux. Cette deuxième soirée de danse avec des indiens m'aura suffit à atteindre un niveau en danse comparable à celui des 2 be 3 en leur temps. La moyenne d'âge des danseurs est autour de 20 ans, mais les gamins de 2 ou 3 ans sautent déjà au rythme de la musique. Y'a pas d'âge pour s'amuser ! Certains semblent confondre avec Holî Festival, et nous lancent des poudres de couleur. Un certains nombre de seaux d'eau ont également été déversés sur des danseurs au cours de la soirée, mais j'ai miraculeusement échappé à la chose.
Le bruit des percussionnistes laisse petit à petit place à la pooja pour Ganesh, on brûle de l'encens, on casse des noix de coco, et on crie ! La prière est récitée au micro. Pour quelqu'un qui ne comprend pas la langue, c'est toujours aussi monotone, rapide, presque plat. C'est assez bizare.
Un dernier au revoir à Ganesh et je laisse mon appareil photos ici. Je crains fort de terminer la soirée à la flotte, donc autant ne pas prendre de risque. Et puis je me sens plus libre comme ça (mais je triche en illustrant ce billet avec des photos prises les autres jours).
Grand Ganesh
Le grand Ganesh et toutes les miniatures chargés sur une remorque, nous voilà partis. Mais pas question de filer directement au lac, on avance doucement dans les petites ruelles, les danseurs et percussionnistes devançant le camion. On croise d'autres cortèges faisant autant de bruit que nous, mais ils ne dansent pas aussi bien que moi !
Arrivée sur une grande rue, on dit au revoir aux musiciens, et tout le monde monte sur la remorque. Enfin, tout le monde, je veux dire tous les jeunes hommes. Les filles, les jeunes enfants et leurs parents sont restés au quartier, ou bien y retournent sans nous. Une pause au temple plus loin, nous voici à Sankey Tank.
C'est amusant, j'assiste à une scène que j'ai vu plusieurs fois les jours précédents, mais de l'autre côté du rideau. Cette fois-ci, je fais partie de la bande de jeunes qui crie « sri sri vidya ganapati ké ... JAY !! », qui décharge Ganesh. On se réparti les petites statues, mais il y en a plus d'une par personne ! Et voilà, Ganesh est reparti parmi les siens.
Grande Ganesh à l'eau
Ganesh Festival dure depuis 5 jours, et on commence à voir un certain nombre de cadavre de Ganesh sur le bord du réservoir.
Cadavre de Ganesh
Contrairement au touristes (oui, oui, c'est bien de moi que je parle) qui attendent un moment pour voir plusieurs Ganesh le même soir, on ne demande pas notre reste, retour au camion qui nous ramène au temple, où on partage encore plusieurs plats à base de riz.
Et voilà, c'est la fin d'une très chouette soirée, bien loin de l'ambiance du campus. Ah, ça, c'est l'Inde populaire et vivante comme je l'aime !