Les lecteurs les plus curieux connaissent déjà très bien Mahabalipuram, alias Malalapuram (tant que ça commence par « Ma », qu'il y a plein de « a » dedans, et que ça termine par « am », on comprend de quoi on parle !), vu qu'ils ont déjà lu l'un des multiples blogs relatant les mêmes aventures.
Je ne vous apprendrai donc rien en vous disant que c'est une petite ville de sculpteurs et de pêcheurs.
Bateaux
Statues
Le trajet aller s'est passé sans encombre. Train jusqu'à Chenai, puis deux bus pour aller jusqu'à Mahabalipuram en passant par Kovalam (les indiens ont eu la bonne idée de baptiser deux villes différentes « Kovalam », l'autre étant dans le Kerala. C'est sans doute pour simplifier la géographie...). J'arrive au petit matin dans la ville des sculpteurs, qui se réveille peu à peu. Les villes indiennes sont en général étonnante de par la quantité d'animaux semi-sauvages qui en parcourent les rues. Les vaches, bon, on avait l'habitude, mais selon les villes, la faune est différente. A badami, se sont les cochons, ici, ce sont les chèvres qui me souhaitent la bienvenue.
Chèvre et temple
Je passe la première journée à me balader entre les magasins de sculptures, les temples, et la plage. C'est la basse saison touristique, la mousson arrive, mais pas encore les touristes étrangers, donc les vendeurs n'ont pas grand chose à faire. Il y a ceux qui compensent en agressant à moitié les touristes pour vendre au maximum, et ceux qui en profitent pour prendre le temps de discuter. Beaucoup de vendeurs parlent un Français assez bon (proximité de Pondichery oblige ...). Ils me montrent fièrement les statues des divers divinités, un peu plus discrètement les sculptures du Kamasutra (plus proche, à vrai dire, du Kamasutra moderne, alias « porno » que de la romance des gravures antiques, mais bon). Je demande à l'un d'eux si c'est vraiment un truc traditionnel, mais il me répond en rigolant que c'est surtout parce que les touristes aiment ça ! On trouve aussi beaucoup de statuettes de Ganesh portant un ordinateur portable sur les genoux, encore un fois intermédiaire entre une illustration de la modernisation rapide de l'Inde et un amuse-touriste. L'intérêt touristique d'une ville indienne se mesure à la quantité de magasins Cachemiris (les rois du marchandage !). Inutile de dire qu'ici, il y en a beaucoup, et d'après l'un d'eux, de plus en plus !
La grande mode ici, ce sont les temples monolithiques. C'est assez impressionnant de penser au boulot que ça représente, mais on finit par en être presque blasé à la fin du week-end. Pour vous donner une idée de ce que ça peut être, tout commence comme ça :
Temple pas fini
Et au final, ça ressemble plutôt à ça :
Temple, fini
Avec différentes variantes, des grottes un peu comme à Badami, ... Il y a les « five ratas » au sud de la ville, le « shore temple » au bord de la mer, la grotte du tigre un peu plus au nord, au bord de la mer, ...
Sur les conseils de Teddy et Charlotte, je demande à voir Ali, le magicien en sortant du « shore temple ». Il n'est pas là, mais il y a son frère qui m'emmène chez lui. Il m'explique qu'il vient de se faire opérer des yeux, et qu'il ne peut pas sortir de chez lui, mais accepte de me faire son show en privé, rien que pour moi ! Je le préviens que je risque d'être un spectateur un peu difficile, vu que j'ai fait un peu de magie (au club de l'INPG). Qu'à cela ne tienne : « si tu trouves un de mes tours, je t'apprends, sinon, tant pis pour toi ! ». Hi hi, je suis content, je l'ai grillé au premier tour ;-). Mais il faut bien dire qu'il est très fort, et c'était sympa ! Je voulais lui apprendre quelques tours de cartes, mais, comble pour un magicien, il n'a pas de jeu de carte (les joueurs de coinche du campus savent comment il est difficile de se procurer un jeu de cartes en Inde !). Le show se termine avec un magnifique Cobra. On a beau savoir qu'il n'a plus de venin, c'est quand même une belle bête, hein ! C'est amusant, la façon dont il respire, il gonfle son corps sur toute la longueur, et souffle un grand coup pour impressionner l'ennemi.
Cobra
Vidéo(3M)

On est finalement allé boire un thé un tout petit peu plus loin (avec lunettes de soleil noires pour Ali), histoire de parler un peu de tout et de rien (c'est ce que j'aime dans le voyage seul, la facilité avec laquelle on discute avec les gens !).
Pour ceux qui l'auraient oublié, on est sur la côte est de l'Inde, celle qui a été touchée fortement par le Tsunami fin 2004, et les maisons du bord de mer s'en souviennent !
Avant tsunami...
Visiblement, la ville n'a pas été trop gravement touchée. Un indien m'expliquait que le tsunami s'est passé vers 9h du matin, et que les pêcheurs sont plus matinaux que ça et étaient déjà rentrés. Ceci dit, je n'ose pas imaginer les dégâts sur les maisons en feuilles de palmiers construites sur les plages...
Dimanche après-midi, je décide de louer un vélo pour aller voir un peu de pays vers le nord. Je suis passé par la « grotte du tigre », et plus ou moins par hasard à « crocodile bank », une sorte de zoo a crocodiles à une petite quinzaine de kilomètres de Malalapuram, c'était amusant.
J'ai terminé mon excursion dans un petit village sur le bord de la route. Des enfants se baignaient dans une eau verdâtre, au milieu des vaches et des grenouilles. Ils m'invitent à venir avec eux, mais là, comment dire, la baignade ne me fait vraiment pas envie. Le temps que j'arrive à leur niveau, ils étaient en train de chercher quelque chose dans les herbes, ce qui me permet de terminer mon blog sur une devinette (en sautant l'étape de la nuit par terre dans le train pour cause de waiting list un peu trop longue) : que cherchent-ils ?
Mise à jour : Les photos sont en ligne ici : http://matthieu.moy.free.fr/Mahabalipuram/, et la solution est .