Post-doc a Bangalore

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31 mai.

Professional experience giver

(bon, pour un billet en retard, c'est un billet en retard ! tout ça date de fin avril)
Quand on est blanc, et qu'on se ballade dans une ville un peu touristique en Inde, on rencontre souvent des gens d'apparence un peu paumés mais sympathiques, qui vous adressent la parole spontanément, discutent un moment, et concluent la discussion sur leurs difficultés financières, ou leur connaissances d'un magasin ou restaurant très bon marché.
Marchant dans les rues de Mumbai l'après-midi d'avant mon départ pour la France, je ne m'étonne donc pas tellement de croiser un type qui me lance un « Hello » et me propose de lui acheter quelque chose. Enfin, si, justement, celui-là est quand même un peu différent des autres : « Hello, do you want to buy a cow ? ». Je m'apprêtais à lui répondre le même « non » qu'à l'autre demie douzaine de rabatteurs que j'avais croisé dans l'après-midi, mais intrigué, je lui demande de quoi il s'agit. Il m'explique avec un grand sourire qu'il vend une vache, pour 100 roupies, et que pour 200, j'ai même l'éléphant qui va avec. Bon, il finit par m'avouer en rigolant que c'est juste une blague pour briser la glace ! J'allais vers la plage, il décide de venir avec moi. Je reste méfiant mais il est très sympa et je décide de jouer le jeu un moment.
En route, il me raconte sa vie, ou en tous cas ce qu'il prétend être sa vie. Il me donne un certain nombre d'anecdotes croustillantes, sur, par exemple sa femme qui l'a quité pour son père, mais la nature qui l'a vengé puisqu'elle a doublé ou triplé de poids entre temps, ou les nombreux accidents qui auraient pu le tuer (mais son interprétation est que les dieux préfèrent qu'il reste sur terre pour avoir la paix !). Il décrit sa famille comme l'équivalent des Simpsons en Inde.
Mais, venons-en aux faits, je lui demande son métier. Il commence par me répéter qu'il vends des vaches et des éléphants de prière, puis me dit que non, ça, c'était juste pour rire, qu'en fait, il est chasseur de moustique professionnel. Bon, difficile de distinguer le vrai du faut dans la quantité de trucs qu'il m'a dit, mais finit par me dire quelque chose d'à peu près crédible : il recrute des acteurs pour les films Boolywoodiens, et son activité principale est d'être « professional experience giver ». Bon, oui, mais ça veut dire quoi, ça ? En fait, c'est un peu une façon détournée de dire « guide touristique », mais pas tout à fait. Il propose aux touristes (moyennant finance, c'est son boulot) de découvrir la face cachée de Mumbai. Il me raconte quelques uns des endroits où il emène parfois des gens. « Tiens, y'a un endroit, si tu gares ta voiture là, tu reviens une demi-heure plus tard, y'a plus rien. Et tu sais quoi ? Y'a un marché de pièces détachées juste à côté. En une demi-heure, ils te démontent ta voiture et la revendent pièce par pièces !! Ah, l'autre jour, on est allés avec un américain ... La pire zone de prostitution de tout Mumbai. Des prostituées de 5 à 55 ans, c'est incroyable ... » (sur ce dernier point, je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, mais je crois quand même qu'il parlait de voir ça en observateur et non en consomateur...).
A vrai dire, même si ça sent toujours pas mal l'arnaque, je trouve le concept plutôt sympa, il vends quelque chose que le Lonely Planet n'offre pas par exemple. Le truc, c'est que la nuit tombe bientôt, et qu'il est hors de question que je visite les quartiers « Gore » de Mumbai de nuit avec un inconnu. D'autant que vu l'Hôtel pourri dans lequel je suis, j'ai considéré que mon ordinateur portable était plus en sécurité sur mon dos que dans ma chambre, et j'ai aussi mon appareil photo, donc, je me ballade quand même avec cinq mois de mon salaire sur moi ! On se décide pour aller voir quand même deux endroits, mais qui pour le coup ne sont pas si originaux, et bien décrits dans le lonely planet : un réservoire d'eau (genre de petite piscine, quoi) caché entre des immeubles, et les « Dhobi Ghats », une sorte de gigantesque laverie en plein air, des dizaines de bassins alignés avec les indiens qui lavent le linge à la main dedans. Et il paraît qu'ils ne perdent jamais un vêtement (mais parfois un bouton de chemise ;-) ). Il me demande pour ça 100 roupies, ce qui n'est pas rien, mais pas hors de prix non plus vu que Mumbai est une ville chère globalement.
En route, il me parle encore de tout et de rien, avec le franc parler qui lui est propre. Par exemple, ma méthode de Hindi (que j'ai soigneusement abandonnée au fond de mon placard, soit-dit en passant), dit à propos de la proposition de faire de l'Hindi la langue officielle de l'Inde par la constitution en 1947-50, « Cette diffusion a été négativement perçue par les États du sud [...], qui refusèrent ce qu'ils ressentaient comme un impérialisme du nord ». Sa version est plutôt : « This language is shit, it has no roots, why the fuck do they want us to learn it ? » (enfin, je ne me souviens plus des mots exacts, mais c'était plutôt plus long et plus grossier que ça...).
Nous voilà dans le train pour le retour. Il insiste pour qu'on aille prendre une bière ensembles, mais la nuit est tombée et je préfère m'arrêter là. Je descends du train à ma station et le laisse continuer jusque chez lui, après avoir échangé nos emails, presque surpris que ça ne soit pas une plus grosse arnaque que ça !

29 mai.

Quelques photos

Quelques photos prises sur le chemin du retour vers la France, fin Avril.
On commence par un moment à Hubli, à se ballader dans les marchés aux légumes (normalement, je devais retrouver Georgio, mais finalement, il y avait une grande Pooja (prière) ce jour là, donc, il n'a pas pu venir). Ensuite, visite d'Éléphanta Island, avec ses temples-grottes et ses singes.
C'est par ici que ça se passe : http://matthieu.moy.free.fr/Mumbai-april/.

28 mai.

Ah, la poste ...

Parfois, la poste peut se montrer étonnante ...

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24 mai.

De retour à Bangalore

Et voilà !
Mon petit séjour en France terminé par cette bonne nouvelle, me voilà de retour à Bangalore. Le trajet a été long, mais me voilà !
Levé : 5h30, départ 6h, je prends le RER à 6h30 et arrive à l'aéroport un peu avant 8h. J'avais prévu de la marge, mais vu que l'avion est en retard, ça n'aurait pas été nécessaire. À l'enregistrement, je tombe manifestement sur une débutante qui demande des tuyaux à ses collègues. Forcément, le retard du premier vol me fait louper ma correspondance, et il n'y a pas d'autres vols Air India pour Bangalore dans des délais raisonnables. Elle refait donc la réservation sur un vol Indian Airlines. Après le billet d'avion « normal », le billet « électronique », je découvre la joie du billet « stylo bille », c'est a dire un numéro de réservation et de vol gribouillé au stylo sur un bout de papier. Ah, et puis du coup, vu que c'est un vol domestique pour Mumbai -> Bangalore, il faut changer de terminal, et récupérer mes bagages. Je fait part de mon étonnement de devoir récupérer mes bagages à Mumbai alors que mes deux sacs viennent de partir étiquetés « Bangalore via Mumbai », mais l'hôtesse me rassure. Des questions, lamentations, ... volent côté personnel : « Aille aille aille, il va falloir refaire toutes les réservations à la main, on aurait du s'y prendre avant ! », « Eh, comment ça marche dans le logiciel pour annuler une réservation ? », quand une hôtesse arrive déséspérée : « Y'a une valise abandonnée, si ça se trouve, il va falloir évacuer la zone. C'est le bouquet ! ». Et paf, ça ne rate pas, quelques minutes après, la zone est évacuée, mais je m'en fout, j'ai ma carte d'embarquement.
Départ avec 3 ou 4 heures de retard, vol sans encombre, et me voilà à Mumbai. Bon, devinez quoi : mes bagages sont pas là ! Mais pas de panique, les gens du « bagages services » comprennent la situation (je ne suis pas le seul), et m'emmènent voir un tas de valises à côté des pistes, dont ils ne savent visiblement que faire, et mes affaires y sont !
Dans le bus pour aller au terminal domestique, les employés portent tous une chemise « no tips, thank you » (pas de pourboire, merci). Pas facile à porter une chemise comme ça en Inde ... mais rassurez-vous, ça n'empêche pas l'un d'eux de me lancer un petit « if you whish to add a little complement ... » en partant !
Au terminal domestique, évidemment, le mec d'Indian Airlines refuse de m'enregistrer si je n'ai pas un coup de tampon d'Air India sur mon billet, donc je dois retraverser l'aéroport domestique pour aller trouver le bureau d'Air India, mais il n'est pas trop loin, ça va. Sur ce, l'avion décole avec seulement 1h30 de retard, si bien que j'arrive finalement à Bangalore à 12h30 au lieu de 5h comme prévu !
Pour conclure sur une anecdote rigolote, à la sortie de l'aéroport, les chauffeurs de taxis se ruent sur moi, mais je reconnais la pancarte « Mathew Moy, IISc » du taxi que Gopi m'a envoyé. Le temps de sortir de la foule, le chauffeur lui-même est assailli. « Taxi, taxi, taxi ! ». Il montre la pancarte avec mon nom pour signifier qu'il est lui-même chauffeur. « Taxi, taxi, taxi !!! ». Je lui fais remarquer explicitement que c'est lui, le chauffeur. Nôtre assaillant repart tout déçu !

18 mai.

Bah pour une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle !

Je savais déjà que j'étais pris comme maître de conférences à Marseille, et c'était déjà une bonne nouvelle, même si ce n'était pas mon premier choix. Mais là, la vraie bonne nouvelle est tombée. Mon premier choix, c'était le poste Verimag/ENSIMAG, qui correspondait plus ou moins à une continuation de ma thèse. Et ben vous savez quoi ? Leur premier choix à eux, et ben c'est moi !!
Concrêtement, ça veut dire qu'à mon retour d'Inde, ça sera le grand retour à Verimag, le labo où j'ai fait ma thèse, avec des enseignements à l'ENSIMAG (ça non plus, ça change pas beaucoup, c'est l'école que j'ai fait quand j'étais jeune...). Mais cette fois-ci, ça ne sera plus en temps que thésard, mais en temps que titulaire (enfin, prèsque, y'a une sorte de période d'essai d'un an au début). L'air de rien, c'est une étape importante dans ma vie. Je vais pouvoir encadrer ma dernière carte d'étudiant (ouais, déjà que la carte 12-25 à la SNCF, c'était du passé ...).

16 mai.

Non dépitude du blog ...

Je vois déjà vos visages s'illuminer en consultant ce billet. Non, l'auteur de ce blog n'a pas disparu, si, il pense encore à vous, mais il est juste temporairement absent (le pire, c'est que j'ai des billets en attente de temps pour les rédiger, mais le temps en question passe bien trop vite).
Bref, en attendant mon grand retour au pays des vaches fous mangues soirées pâtes du mardi enfin, bon, en Inde, je vous propose en compensation un n-ième blog de Français ! Jean-Pierre et Nicolas (encore un Nicolas, mais pas le même que l'autre) sont deux stagiaires sur le campus pour quelques semaines. Le premier travaille dans mon équipe, avec Gopi, et le second dans un autre département :
http://nondepitudedelinde.info/

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